Histoire du mariage
En analysant le rituel nuptial décrit par le pape Nicolas,
l'abbé Duchesne note qu'il est intéressant de constater
qu'il n'est pas autre chose que le rituel des anciens Romains,
moins le sacrifice ou plutôt avec la substitution de
la messe au sacrifice idolâtrique.
D'autre part, Nicolas lui-même avertit les Bulgares
qu'aucun des rites indiqués par lui n'est essentiel
au mariage le consentement suffit, et il est la seule
chose indispensable.
Sans doute, les chrétiens qui ne demandent point à
l'Eglise la bénédiction de leur mariage font preuve d'une
négligence coupable, et se privent d'un moyen de grâces
puissant.
Néanmoins, leur union fut pendant plus de huit
siècles tenue comme légitime, parce que l'on considérait
le consentement publiquement exprimé comme constituant
l'essence du mariage entre personnes capables.
Ce fut seulement sous le règne de Charlemagne(800)
en Occident, et sous celui de Léon le Philosophe (900)
en Orient, que le ministère du prêtre devint obligatoire.
Il semble presque inutile d'ajouter que, dans de pareilles
conditions, il était fort difficile de considérer le mariage
comme un sacrement, dans le sens spécial du mot.
Pendant les premiers siècles, on ne trouve point
la moindre trace d'une pareille opinion.
En parlant du mariage, saint Paul se sert bien du mot -
que la Vulgate traduit par sacramentum, mais,
dans la pensée de l'apôtre, il s'agit vraiment d'un mystère.
Le mot sacramentum lui-même, employé par saint
Augustin, en matière d'union conjugale, n'implique nullement
dans les passages où il se rencontre l'idée de sacrement
définie par les théologiens scolastiques.
La substance de la doctrine officielle du catholicisme
moderne est amplement formulée dans les décisions du concile
de Trente, dans le Catechismus ad parochos (Catéchisme
du concile de Trente) et dans l'encyclique Arcanum
de Léon XIII (10 févr. 1880).
Source : grande encyclopédie

