Histoire du mariage
La Révolution enfin sécularisa complètement le mariage.
La constitution des 3-14 sept. 1791 portait: « La loi ne considère
le mariage que comme contrat civil.
La loi des 20-25 sept. 1792 sur l'état civil institua des
registres spéciaux tenus dans chaque commune par les
officiers municipaux, et, laissant de côté entièrement
le
caractère religieux du mariage, le considéra uniquement
comme une convention civile dont la loi règle souverainement
les formes et les conditions.
C'était le résultat final
de la distinction du contrat et du sacrement qui avait été
introduite peu à peu par les jurisconsultes et qui sert de
base au droit moderne
déjà avant cette loi, un assez grand nombre de catholiques,
ne voulant pas se marier devant les prêtres assermentés,
avaient repris l'antique forme du mariage et s'étaient
mariés devant notaires; la loi du 20 sept. 1792 y fait
allusion.
Plusieurs autres auteurs anciens parlent aussi de mariages
célébrés devant l'Eglise et bénis par elle, avec plus
ou moins de solennité. Cependant aucune loi
ecclésiastique n'obligeait les chrétiens à faire bénir
leur mariage. La bénédiction était affaire de coutume, de
convenances elle finit par passer en règle, mais sans
devenir jamais une condition de validité.
Le mariage est indépendant du rite.
Le rite à beaucoup varié suivant les temps et les pays
Paris, 1889,. La première description quelque
peu précise des rites du mariage en l'Eglise romaine
se trouve dans une des réponses faites par le pape Nicolas Ier
(866) à une consultation demandée par les Bulgares
(Responsa ad consulta Bulgarorum, c. 3). Ce
document présente les actes qu'il mentionné comme formant
une coutume que la sainte Eglise romaine a reçue de l'antiquité,
et il les divise en deux séries les uns précédant,
les autres accompagnant les nuptialia foedera.
La première série comprend
1° les engagements, sponsalia,
quoe futurarum sunt nuptiarum promissa
foedera, promesse formelle de mariage faite par les futurs époux et par les personnes en puissance desquelles ils se
trouvent
2° les arrhes, consistant dans le fait dit fiancé
mettant au doigt de la fiancée l'anneau de la fidélité; cet
anneau, auquel diverses significations symboliques sont
attribuées, reçut plus tard une bénédiction spéciale ;
3° constitution et traditition totale ou partielle'de la dot,
et remise en présence de témoins d'un acte relatant
les conventions matrimoniales.
