Histoire du mariage
Le mariage (justoe nuptioe, matrimonium legitimttm) a eu,
en droit romain, deux types successifs, qui ont existé l'un
à côté de l'autre pendant les derniers siècles de la République
et une partie de l'Empire, mais dont le premier était seul connuà l'origine et dont le second subsiste seul depuis longtemps
déjà à l'époque de Justinien le mariage avec manus,
où la femme passe en qualité de fille du mari dans la famille
de celui-ci, et le mariage sans manus où elle reste dans
sa famille d'origine avec sa qualité antérieure.
Tous deux sont, en principe, soumis aux mêmes règles
de fond en ce qui concerne l'âge des conjoints qui doivent être,
l'homme pubère et la femme nubile, et les conditions de capacité
absolues (liberté, cité) ou relatives (absence d'empêchements
tenant à la disproportion des rangs ou à la parenté et l'alliance
qu'on réunit sous le nom de onubium et enfin au consentement
requis des époux eux-mêmes, quand ils sont sui juris, ou,
s'ils sont en puissance, à la fois d'eux mêmes et des ascendants
qui les ont en puissance, à l'époque récente, seulement de ces
ascendants à l'époque la plus ancienne.
Mais, tandis que la manus s'acquérait par trois procédés
rigoureusement délimités, qui étaient les seuls modes
de formation du mariage à l'époque où les idées demanus
et de mariage se confondaient, le mariage sans manus
n'a pas de mode de formation il résulte, sans aucun acte
de célébration civil ni religieux, sinon du simple échange
des volontés requises, au moins du simple établissement
de la vie commune, ce qui le fait différer du concubinat
seulement par l'intention.
Une corrélation logique, tandis qu'en
dehors des causes de dissolution forcée telles que la mort,
la réduction en servitude ou la transformation en étranger
d'un des conjoints, le mariage avec manus se rompt seulement
par certains procédés qui dépendent de la volonté
du mari, le mariage sans manus finit avec la cessation
de la vie commune qui peut être provoquée non seulement
par une convention des deux conjoints, mais par la volonté
unilatérale de l'un d'eux ou de la personne qui l'a
en puissance.
Quant aux effets, il y en a
un qui est absolument commun aux deux formes du mariage.
Le mariage sans manus lie l'enfant au père de la
même façon que le mariage avec manus, met exactement
commelui l'enfant qui en nait sous la puissance paternelle
du mari de la mère. L'innovation, probablement législative,
par laquelle ce mariage a été reconnu, a précisément
consisté à détacher cette conséquence
du faisceau d'effets de
la manus pour l'attacher au simple fait de la vie commnue
établie dans l'intention de mariage, à admettre que l'enfant
passerait sous la puissancedu mari de sa mère sans que sa
mère y fût déjà elle-même. C'est par là que le nouveau mariage
se rattache à l'ancien.
Source : grande encyclopédie

